Tendance a pointer du doigt

Avez-vous tendance à pointer du doigt?

SCÉNARIO #1 

Carla est une participante dans un de mes cours de leadership personnel. Elle est extrêmement serviable, adore aider les autres et n’ose jamais dire non. Un jour, elle a des plans de week-end avec des amies de longue date et elle avait obtenu la permission de quitter le travail tôt le vendredi. Ce jour-là (et cela arrive régulièrement), son patron qui avait approuvé sa demande de quitter tôt, la convoque dans son bureau à 15h30 (heure à laquelle elle était supposée partir). Carla étant serviable et ne pouvant dire non, ne dit rien et finit par passer 1h30 avec son patron à discuter et travailler certains dossiers.

Qu’est-ce qui est arrivé ici? Carla ne s’est pas affirmée; elle a quitté le bureau deux heures plus tard que prévu; ses amies ont dû l’attendre; elle a passé des heures à blâmer son patron, son travail, les collègues qui ne font pas leur travail, la photocopieuse, les demandes des autres, etc.; ça mis tout le monde de mauvaise humeur; le week-end a mal commencé.

SCÉNARIO #2 

Carla est une participante dans un de mes cours de leadership personnel. Elle est extrêmement serviable, adore aider les autres et n’aime pas dire non mais elle comprend que c’est parfois nécessaire même si difficile. Un jour, elle a des plans de week-end avec des amies de longue date et elle avait obtenu la permission de quitter le travail tôt le vendredi. Ce jour-là (et cela arrive régulièrement), son patron qui avait approuvé sa demande de quitter tôt, la convoque dans son bureau à 15h30 (heure à laquelle elle était supposée partir). Carla étant serviable et n’aimant pas dire non, sent une boule lui nouer la gorge. Elle décide de mettre en pratique une approche que j’enseigne dans mes cours de communication : dire non avec des options.  Elle se pointe donc dans le bureau de son patron et, après avoir vérifié l’urgence du sujet, décide de s’affirmer et d’honorer ses besoins et son engagement fait avec ses amies. Elle lui rappelle alors leur entente de quitter tôt et s’engage avec son patron à rentrer plus tôt lundi matin pour préparer le matériel dont il a besoin pour sa réunion de gestion.

Qu’est-ce qui est arrivé ici? Carla s’est affirmée; elle a quitté le bureau à l’heure prévue; elle a retrouvé ses amies et toutes étaient de bonne humeur et soulagée de ce dénouement; le week-end a bien commencé.

Voilà 21 ans cette année que j’œuvre comme formatrice en milieu de travail et que j’enseigne des habiletés reliées au leadership d’équipe et au leadership de soi. Et malheureusement certaines phrases reviennent constamment dans mes cours : « C’est mon patron qui devrait prendre ce cours »; « Il y a plusieurs personnes où je travaille qui devraient prendre ce cours »; ou encore « Oui mais dans mon milieu TOUT est urgent et je n’ai aucun contrôle là-dessus ».

Peu importe la formulation de la plainte (car j’y vois une plainte), ça revient à dire « C’est la faute de l’autre. » N’est-ce pas une façon de laisser son pouvoir entre les mains des autres justement?

Nourrir ce genre de pensées affecte notre bien-être au plus haut point. Nourrir des pensées de type « victimite » nous emprisonne dans un quotidien dépourvu de possibilités et de décisions qui amélioreraient notre vie au travail ou à la maison. Rappelons-nous plutôt que nous sommes responsables de nos choix; agir ou subir une situation sont deux choix différents… oui oui, subir est un choix qu’on fait même s’il est inconscient. Et lorsqu’on se place en mode « subir », nous vivons pleins de sentiments désagréables tels la culpabilité, la peur, l’anxiété, le manque de confiance en soi, etc.

Voici trois gestes qui vous aideront à arrêter de vous sentir comme une victime.

  1. Prenez conscience que vous êtes en train de blâmer quelqu’un ou la situation. Un petit rappel visuel tel un post-il ou une image sur votre bureau qui vous fera penser à la question « Ai-je fait preuve de victimite aujourd’hui? ». Si tel est le cas, le fait de le remarquer est un énorme pas en avant.
  2. Cessez de blâmer les autres ou les situations, et posez-vous la question « Que puis-je faire autrement? ». Exercez plutôt votre créativité et trouvez des façons originales de gérer le tout. Par exemple, si votre collègue est bruyant et que vous devez lire un rapport en toute tranquillité, pourquoi ne pas aller le lire dans le parc, ou dans la salle de conférence, ou dans un autre bureau libre. Osez!
  3. Pratiquez la gratitude au quotidien. Ça l’air drôle comme conseil, mais lorsque vous commencerez à porter votre attention sur les comportements que vous appréciez chez vos collègues, ou sur les beaux côtés de votre travail ou de votre situation personnelle, vous serez moins porté à blâmer les autres.

Dans lequel des deux scénarios vous reconnaissez-vous? Vous donnez-vous le pouvoir de choisir? Exercerez-vous votre créativité pour trouver des façons différentes de réagir aux gens et aux situations? Croyez-vous que vous pourrez influencer les situations désagréables de façon positive plutôt que de les subir?

La victimite est un comportement appris qui peut être modifié et transformé en possibilités extraordinaires. Serez-vous l’auteur/l’auteure d’un nouveau quotidien où la paix d’esprit règne?

Bonne réflexion.

Francine

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